Ces derniers temps, je suis épuisée émotionnellement.
Pas fatiguée.
Épuisée pour vrai.
J’ai les émotions dans le toupet.
Les larmes faciles, parfois sans avertissement.
La colère qui monte vite.
Ce sentiment d’injustice qui me serre la gorge et qui refuse de redescendre.
J’ai envie de crier.
De hurler tout ce qui bouillonne à l’intérieur.
Mais ma voix reste coincée. Silencieuse. Lourde.
Depuis des années, je suis dans un cycle de transformation constant.
Des changements intérieurs, profonds.
Des changements extérieurs, visibles.
Des changements qui me rapprochent d’une version plus alignée de moi-même…
mais seigneur que c’est demandant.
Rien ne reste stable bien longtemps.
Ça bouge sans cesse en moi et autour de moi.
Toujours devoir choisir.
Toujours devoir me choisir.
Sortir de ma zone de confort encore. Et encore.
Grandir quand j’aurais envie de me déposer.
Évoluer quand j’aurais envie de m’arrêter.
Montrer le chemin à mes filles, même quand moi-même je doute.
Réguler mes émotions alors que j’ai envie de tout envoyer promener.
Prendre soin de moi sans culpabilité.
Ne pas tomber dans le piège d’être « la Cybel parfaite ».
Celle qui gère tout, comprend tout, encaisse tout.
Me défaire des normes sociétales qui ne me ressemblent pas.
Arrêter d’entrer dans des moules trop petits.
M’expliquer. Me justifier. Respirer. Recommencer.
Faire de la place pour les gens qui comptent vraiment.
Réévaluer mes relations.
Redéfinir ce que je veux, ce que je tolère, ce que je ne veux plus.
Tracer des limites claires entre ma vie personnelle, professionnelle et celle de maman.
Me déconstruire. Me reconstruire. Encore.
Et au milieu de tout ça, me faire dire :
« Wow, tu es tellement forte. »
Comme si j’avais le choix.
Comme si l’option d’abandonner, de rester figée dans mon ancienne version, était réellement possible.
Comme si ne pas avancer n’avait aucune conséquence.
La vérité, c’est que je n’ai pas le choix.
Ma santé mentale me le criait depuis trop longtemps.
Avancer n’est pas un luxe.
C’est une question de survie intérieure.
Mais calvaire que j’aurais envie d’un break.
D’une vraie pause.
D’un moment pour mettre mon hamster sur off.
Pour arrêter de penser, d’analyser, de réparer.
Juste vivre.
Juste être bien.
Sans pression. Sans performance.
Et malgré tout, je le sais.
Chaque fois que je me choisis, même quand ça fait peur,
je me sens un peu plus légère.
Un peu plus libre.
Un peu plus sauvage.
Un peu plus vraie.
Je retombe amoureuse de la vie.
Et de la femme que je suis en train de devenir.
S’aimer pleinement, ce n’est pas guérir de tout.
C’est arrêter de se battre contre soi.
C’est marcher avec ses parts d’ombre au lieu de les cacher.
C’est se choisir même quand personne n’applaudit.
Même quand ça tremble à l’intérieur.
Je ne suis pas arrivée.
Mais je suis exactement là où je dois être.
Et pour une fois, ça me suffit.
Cybel xx
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Commentaires
Ce texte est un instant de vérité qui te permet d’être bienveillante envers toi.
Tu permets à tous d’avoir cette force d’oser dire tout au haut c’est assez, c’est assez, je veux plus de plénitude en moi et autour de moi
Je suis tellement fière de toi ma fille adorée ♥️🥰
Ton texte est touchant !
J'ai beaucoup de compassion pour ce que tu traverses.
Être Forte tout le temps....ça épuise et c'est demandant.
Tu fais de ton mieux dans la situation que tu es, dans la position que tu as, dans TOUT !
Je continue à voir tout ce que tu appliques dans ta vie, ainsi que ton dévouement immence pour tes filles!
Je suis fière de toi, ton cheminement et pour tout l'amour que tu t'apportes!
Merci pour ton partage qui est en tout humilité!
Tu as une belle plume!
Avec beaucoup d'amour, Crystel Roy